Scintigraphie du genou : 2 à 6 heures d’attente, 30 à 45 minutes d’images et résultats au médecin
Une scintigraphie osseuse du genou est prescrite quand une douleur persiste, quand une radiographie n’explique pas les symptômes ou quand il faut explorer une infection, une blessure osseuse, une arthrose ou une prothèse douloureuse. Cet examen de médecine nucléaire utilise un produit faiblement radioactif, puis une gamma-caméra pour repérer les zones où l’os réagit de façon anormale.
Ce que montre vraiment une scintigraphie osseuse du genou
La scintigraphie du genou ne montre pas seulement la forme de l’articulation. Elle renseigne surtout sur l’activité osseuse. Après l’injection, le traceur se fixe davantage sur les zones où les cellules osseuses sont abîmées, modifiées ou plus actives sur le plan métabolique. La gamma-caméra détecte cette radioactivité et produit des images interprétées par le médecin nucléaire.
Le rôle du Technétium 99m
Dans les examens de scintigraphie osseuse, le traceur cité par l’Institut Harmonie Tours est le Technétium 99m. Il s’agit d’un produit faiblement radioactif, parfois appelé médicament radioactif ou traceur, injecté par voie veineuse. Son intérêt est de circuler dans l’organisme puis de se concentrer dans certaines zones osseuses selon leur activité.
Le mot « radioactif » inquiète souvent, mais l’objectif n’est pas de traiter ni d’irradier une zone. Il sert à rendre visible un phénomène biologique. Le produit non fixé est ensuite éliminé progressivement, notamment par les urines, d’où les consignes d’hydratation après l’examen.
Pourquoi l’examen peut être utile si la radiographie est normale
La radiographie classique montre surtout des anomalies anatomiques déjà visibles, comme une fracture déplacée, un pincement articulaire ou une déformation osseuse. La scintigraphie, elle, peut révéler des remaniements osseux plus précoces ou moins évidents, par exemple une fissure de fatigue, une douleur squelettique inexpliquée ou une suspicion d’infection.
Un genou très douloureux peut donc sembler normal sur une radiographie, non pas parce que la douleur est imaginaire, mais parce que l’anomalie recherchée se situe dans le fonctionnement intime de l’os. La scintigraphie aide alors à franchir cet écart entre symptôme et image visible, en repérant une zone de fixation anormale qui orientera la suite du diagnostic.
Dans quels cas prescrit-on une scintigraphie du genou ?
La scintigraphie osseuse du genou est prescrite par un médecin lorsque l’examen clinique et les imageries habituelles ne répondent pas complètement à la question posée. Elle peut concerner un genou natif, une douleur après traumatisme, une suspicion de fissure de fatigue ou un genou porteur d’une prothèse.
Prendre rendez-vous en médecine nucléaire à l’Hôpital Foch : Consultez les informations pratiques et les contacts pour planifier vos examens de scintigraphie au sein du service de médecine nucléaire de l’Hôpital Foch.
- Douleur persistante ou inexpliquée : lorsque la gêne continue malgré des radiographies rassurantes ou peu contributives.
- Blessure osseuse ou fissure de fatigue : l’Institut Harmonie Tours mentionne la détection de fissures de fatigue seulement deux heures après injection du traceur.
- Arthrose : l’examen peut aider à apprécier l’activité des remaniements osseux associés à une arthrose, en complément des autres imageries.
- Infection : notamment en présence d’un contexte clinique évocateur ou d’une prothèse du genou douloureuse.
- Prothèse du genou : une fixation anormale peut participer à l’exploration d’une infection de prothèse ou d’un problème mécanique, toujours à interpréter avec le dossier médical.
- Métastases osseuses : en contexte de cancer, la scintigraphie osseuse peut être utilisée pour rechercher une atteinte du squelette.
Scintigraphie, radiographie, IRM ou scanner : des examens complémentaires
Ces examens ne répondent pas tous à la même question. Le choix dépend de ce que le médecin cherche : une anomalie de structure, une atteinte des tissus mous, une activité osseuse anormale ou une localisation anatomique plus précise.
| Examen | Ce qu’il explore surtout | Intérêt pour le genou |
|---|---|---|
| Radiographie | Forme des os, alignement, arthrose visible, fracture évidente | Souvent le premier examen, rapide et accessible |
| IRM | Tissus mous, os, cartilage, ligaments, ménisques selon l’indication | Très utile pour analyser l’articulation et les structures internes |
| Scintigraphie osseuse | Activité métabolique osseuse et zones de fixation du traceur | Recherche des anomalies osseuses parfois invisibles à la radiographie |
| Scanner ou TDM couplé | Localisation anatomique précise | Peut compléter les images scintigraphiques pour corréler remaniements osseux et lésion anatomique |
Selon l’Hôpital Foch, des acquisitions complémentaires peuvent être couplées à une TDM. MNT37 précise aussi que les images scintigraphiques sont souvent couplées à un scanner pour mieux relier la zone qui fixe le traceur à une structure précise du genou. Cette combinaison aide à interpréter les remaniements osseux avec davantage de précision.
Déroulement de l’examen : injection, attente, images
La scintigraphie du genou se déroule dans un service de médecine nucléaire, selon une chronologie assez simple. Le point le plus important à anticiper est le temps d’attente entre l’injection et les images principales.
L’injection et les premiers clichés éventuels
Le produit est injecté par voie veineuse. L’injection ressemble à une prise de sang ou à une perfusion courte : l’examen n’est pas douloureux en lui-même, en dehors de la piqûre. Selon l’Hôpital Foch, 1 ou 2 clichés peuvent être réalisés au moment de l’injection, pendant 10 à 15 min, si l’indication le nécessite.
Le délai de fixation dans l’os
Après l’injection, il faut attendre que le traceur se fixe dans l’os. L’Hôpital Foch indique un délai de 2 à 6 heures. MNT37 mentionne des images osseuses réalisées environ 2h30 après l’injection du médicament radioactif. Selon l’organisation du centre et l’indication médicale, il peut être possible de sortir du service pendant cette attente, en respectant les consignes données sur place.
La prise d’images à la gamma-caméra
Les images sont réalisées en position couchée sur une table d’examen. Le détecteur de la gamma-caméra se déplace autour du patient ou au plus près de lui, sans nécessairement le toucher. La durée des images est généralement de 30 à 45 minutes, chiffre rapporté par l’Hôpital Foch et MNT37.
Il est essentiel de rester immobile. Le moindre mouvement peut créer du flou et rendre l’interprétation moins précise. Si vous avez mal au genou ou du mal à garder une position, signalez-le à l’équipe : elle pourra vous aider à vous installer aussi confortablement que possible avant le début des acquisitions.
Préparation, précautions et résultats : les réflexes à connaître
La préparation est généralement légère. Contrairement à certains examens, il n’est pas habituellement nécessaire d’être à jeun pour une scintigraphie osseuse. L’Hôpital Foch indique aussi qu’il n’est pas nécessaire de modifier son traitement dans les conditions habituelles, sauf consigne contraire de l’équipe médicale ou du médecin prescripteur.
Avant le rendez-vous
Prévenez le service si vous êtes enceinte, si vous avez un retard de règles ou si vous allaitez. Ces situations ne doivent pas être minimisées, car elles peuvent modifier les précautions à prendre ou conduire à adapter l’examen. Pensez aussi à apporter l’ordonnance, les comptes rendus utiles et les examens déjà réalisés, notamment radiographies, IRM, scanner ou documents concernant une prothèse du genou.
- Ne venez pas forcément à jeun, sauf consigne spécifique.
- Ne modifiez pas vos traitements sans avis médical.
- Portez si possible des vêtements confortables et faciles à retirer si besoin.
- Retirez les objets métalliques si l’équipe vous le demande.
Après l’examen
Pour favoriser l’élimination du produit non fixé, il est recommandé de boire fréquemment et de vider souvent la vessie. L’Hôpital Foch recommande de le faire pendant 3 à 4 heures après l’examen. En cas d’allaitement, le même établissement indique une interruption de 4 heures, avec lait tiré et jeté pendant cette période.
Pour l’entourage, il n’y a généralement pas de précaution lourde dans les situations courantes, mais il reste logique de suivre les recommandations remises par le service, notamment vis-à-vis des femmes enceintes et des très jeunes enfants si des consignes spécifiques vous sont données.
Résultats, remboursement et suite du parcours
Les images sont analysées par le médecin nucléaire, puis le compte rendu est transmis au médecin prescripteur. C’est lui qui replace le résultat dans l’ensemble du dossier : symptômes, examen clinique, biologie, radiographie, IRM ou scanner. Une fixation augmentée n’est donc pas un diagnostic isolé ; elle indique une zone d’activité osseuse à interpréter selon le contexte.
Concernant le coût, Elsan indique que le prix d’une scintigraphie osseuse est entièrement pris en charge par l’Assurance maladie et la complémentaire santé, avec de possibles dépassements d’honoraires selon les établissements et un devis préalable dans ce cas. L’examen étant réalisé sur prescription médicale, le centre ou le service de médecine nucléaire pourra préciser les modalités pratiques lors de la prise de rendez-vous.
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